Le Xinjiang n'est pas une province chinoise comme les autres, et ce n'est pas non plus un territoire d'Asie centrale annexé récemment. C'est le lieu où la Chine sédentaire et l'Asie centrale turcophone se sont rencontrées pendant deux mille ans sans jamais fusionner. Comprendre cette rencontre inachevée, c'est aussi comprendre les tensions qui s'y jouent aujourd'hui.
Quand on s'aventure dans le Nord-Ouest de la Chine, le Xinjiang est à la fois la destination la plus dépaysante et la plus politique. Dépaysante parce qu'on y change de monde sans changer de pays : on y parle ouïghour, on y mange centro-asiatique, on y écrit l'arabe modifié, on y prie cinq fois par jour dans des mosquées en pagode ou à coupole. Politique parce que c'est l'une des régions les plus discutées de la décennie dans la presse internationale, et parce qu'aucun voyage là-bas ne peut faire l'économie de cette dimension.
La tentation, pour une page de voyage, serait d'évacuer le politique en parlant uniquement du Taklamakan et du marché de Kashgar. Ou à l'inverse, de réduire la région à son seul sujet contemporain. Aucune de ces deux options ne rend justice au Xinjiang.
Parce que le Xinjiang c'est, depuis deux mille ans, le lieu où la Chine sédentaire et l'Asie centrale turcophone se rencontrent sans jamais se fondre. Les Han y arrivent il y a 2 200 ans, les Tang y règnent au 7e siècle, les Mongols au 13e, les Qing au 18e, la République populaire en 1949. À chaque fois, c'est une intégration, jamais une absorption culturelle. Cette rencontre inachevée est ce que le voyageur va sentir partout, et c'est aussi la trame dans laquelle s'inscrit la situation actuelle.
À Kashgar, on regarde vers l'ouest
Sur la grande place Id Kah, à 9 heures du matin, le soleil vient à peine de se lever. La lumière est dorée, oblique, presque rasante ; on est en Chine officiellement, à l'heure de Pékin, mais à 4 000 kilomètres de la capitale, et le décalage forcé fait que les matins commencent tard. Beaucoup d'habitants suivent une « heure du Xinjiang » décalée de deux heures, et organisent leur journée en fonction du soleil plutôt que de l'horloge officielle.

Devant la grande mosquée Id Kah (la plus grande de Chine, fondée au 15e siècle, capacité de 20 000 fidèles le vendredi), des hommes en doppa (la calotte brodée ouïghoure) discutent autour d'un thé. À quelques pas, des chariots tirés par des ânes circulent encore, malgré la modernisation. L'odeur des brochettes de mouton grillé monte des échoppes dès le matin. Sous les platanes, des marchands installent des étals de fruits secs : raisins blonds, abricots, dattes, pistaches d'Iran qui sont arrivées par caravane à travers le Pamir.
L'écriture sur les enseignes est double : ouïghour en haut (arabe modifié, qu'on lit de droite à gauche), chinois en bas. Le mandarin, lui, est partout. Mais ce qu'on entend dans la rue, c'est l'ouïghour, langue turque cousine du kirghize et de l'ouzbek, qu'on parlerait sans difficulté à Samarcande ou à Bichkek.

Et puis il y a la géographie qu'on devine sans la voir. Kashgar est à 1 500 kilomètres de Tachkent, 1 800 de Téhéran, 4 000 de Pékin. C'est la dernière ville chinoise avant les passes de l'Hindou Kouch vers le Pakistan, le col de Torugart vers le Kirghizistan, le col d'Irkeshtam vers le Tadjikistan. C'est aussi un point où, plus que partout ailleurs en Chine, on sent qu'on est à un confluent. La Chine est administrativement présente, mais le monde environnant n'est pas chinois.
C'est par cette étrangeté qu'il faut entrer dans le Xinjiang. On est en Chine, et on ne l'est pas tout à fait.
Deux bassins, deux mondes
Le Xinjiang couvre 1,66 million de kilomètres carrés, soit trois fois la France. Mais l'essentiel du territoire est inhabitable : déserts immenses, hautes montagnes, plateaux d'altitude. La population (environ 26 millions d'habitants) se concentre dans deux bassins séparés par les monts Tianshan.
Le bassin de la Dzoungarie au nord, autour d'Ürümqi la capitale et de Karamay. C'est le Xinjiang industriel et énergétique : hydrocarbures, énergies renouvelables, industrie lourde, climat continental à longs hivers (jusqu'à -30°C). Avant 1949, la Dzoungarie était majoritairement kazakhe et mongole. Depuis 1950, une migration intérieure encouragée depuis le Henan, le Sichuan et le Gansu a peuplé les villes industrielles du nord, qui sont aujourd'hui à majorité han dans les zones urbaines.

Le bassin du Tarim au sud, autour de Kashgar, Hotan, Aksu, Korla. C'est le Xinjiang oasien et agricole : coton (le Xinjiang produit environ 20% du coton mondial), fruits, élevage. Au centre du bassin, le désert du Taklamakan s'étend sur 337 000 km², soit 60% de la superficie de la France. Une seule route goudronnée le traverse du nord au sud (la Tarim Desert Highway, 552 kilomètres, dont l'asphalte est protégé par une bande de végétation irriguée en goutte à goutte sur toute la longueur). Tout autour du désert, un chapelet d'oasis irriguées par les karez (canaux souterrains traditionnels qui captent l'eau de fonte des glaciers du Kunlun et la conduisent sur des dizaines de kilomètres sans évaporation). Démographiquement, le sud est resté majoritairement ouïghour.

Entre les deux bassins, les monts Tianshan (monts célestes) culminent à plus de 7 000 mètres. Depuis Ürümqi, par temps clair, on voit leurs pics enneigés au sud. À Turfan, deux heures de route plus loin, on est au contraire à 154 mètres en-dessous du niveau de la mer (le second point le plus bas du monde après la mer Morte), dans une cuvette désertique où les températures dépassent 45°C en été et où l'on cultive du raisin sous des séchoirs en briques ajourées caractéristiques (les zhanglang : maisons à claire-voie où les grappes sèchent au vent et à l'ombre pendant plusieurs semaines).

Cette dualité géographique double une dualité économique et culturelle. Le PIB par habitant du nord est nettement supérieur à celui du sud. Les investissements se concentrent à Khorgos (à la frontière kazakhe, au nord-ouest), qui est devenu le plus grand port sec du monde. Le sud, plus rural, plus pauvre, plus ouïghour, est resté à l'écart de l'industrialisation chinoise pendant des décennies.
Cette fracture nord-sud est l'une des clés les moins connues du Xinjiang en France. Quand on parle du Xinjiang ici, on parle souvent du sud (les Ouïghours, Kashgar, le coton, la dimension religieuse). Mais le Xinjiang industriel, énergétique, démographiquement majoritaire, c'est aussi le nord. Et les deux Xinjiang ne se ressemblent pas.
Une rencontre qui se répète depuis deux mille ans
Le Xinjiang n'est pas chinois depuis toujours, mais il n'est pas non plus une annexion récente. C'est une rencontre qui se répète depuis 2 200 ans, sous des formes différentes.
Au 2e siècle avant notre ère, l'empereur Han Wudi envoie le général Zhang Qian explorer les « régions de l'ouest » (西域, xīyù). C'est la première fois que la Chine prend la mesure d'autres civilisations au-delà du couloir du Hexi, dans l'actuel Gansu. Des garnisons sont installées dans les oasis du Tarim. La route de la soie commence à se structurer. Aux 7e et 8e siècles, les Tang étendent leur autorité jusqu'au lac Issyk-Koul (actuel Kirghizistan) ; c'est l'apogée d'un cosmopolitisme dont Chang'an (actuelle Xi'an) était la grande vitrine.
Au 9e siècle, retraite chinoise. Les Ouïghours, peuple turcophone du nord, descendent vers le Tarim, s'installent dans les oasis, se convertissent progressivement au manichéisme puis au bouddhisme, puis à l'islam à partir du 10e siècle avec le royaume karakhanide de Kashgar. C'est à cette époque que se constitue la culture ouïghoure telle qu'on la connaît aujourd'hui : turque par la langue, oasienne par le mode de vie, progressivement musulmane par la religion.

Le nom de la province est lui-même éloquent. Xinjiang** signifie littéralement &kaquo; nouvelle frontière ». C'est le nom que les Qing mandchous ont donné à la région en 1759, après leur conquête militaire. Pour les empereurs Qing, ce territoire n'était pas un cœur de la Chine ; c'était une marche, une frontière nouvellement acquise. Et ce nom est resté.
À chaque retour de la Chine dans la région (Han, Tang, Qing, République populaire), c'est une intégration militaire ou administrative, jamais une fusion culturelle. Les Ouïghours restent turcophones et musulmans, les Han restent culturellement chinois. Les deux mondes se côtoient. Cette rencontre inachevée n'est pas une opposition entre deux peuples qui se haïraient depuis toujours ; c'est l'absence d'une formule politique et culturelle pour vivre vraiment ensemble. Et c'est précisément cette absence qui structure la situation contemporaine.
Une culture ouïghoure qui s'est constituée à part
Pour comprendre ce que cette rencontre inachevée a produit côté ouïghour, il faut entrer dans la culture matérielle du Tarim.
La cuisine est centro-asiatique. Le plat emblématique est le polo (riz sauté aux carottes, mouton et oignons, cuit dans un grand chaudron de cuivre, distant cousin du plov ouzbek). Les laghman sont des nouilles tirées à la main, plus épaisses que celles de Lanzhou, servies avec un ragoût de mouton et de légumes. Les naans sortent à toute heure des fours tandoor (les mêmes que ceux d'Asie centrale et d'Inde du Nord), parfumés au sésame, à l'oignon ou aux graines de fenouil. Les melons d'Hami sont une institution : sucrés, parfumés, ils étaient transportés en caravane jusqu'à Chang'an sous les Tang, conservés dans la glace des monts Qilian. Les marchés du sud regorgent de cumin, fenouil, anis étoilé, gingembre, safran, raisins secs blonds, abricots séchés, dattes, pistaches.

La langue est turque, parente du turkmène, de l'ouzbek, du kirghize. L'intercompréhension avec un Turc moderne reste partielle (sept siècles d'évolution séparée et d'emprunts au chinois ont créé une dérive), mais un Ouïghour qui rencontre un Ouzbek à Tachkent peut se faire comprendre. L'écriture utilise l'alphabet arabe modifié, lu de droite à gauche, depuis l'islamisation progressive de la région.
La musique classique s'organise autour des muqams, longues suites musicales composées de plusieurs dizaines de pièces enchaînées, inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2005. C'est une tradition savante, comparable aux maqamat arabo-persans et aux ragas indiens, qui se transmet par lignées de maîtres à élèves.
L'architecture traditionnelle des oasis est faite de briques de terre crue, avec des cours intérieures, des murs épais qui isolent du chaud et du froid, des treilles de vigne, et la fameuse architecture ajourée de Turfan où les briques sont disposées avec des espaces pour laisser circuler l'air et sécher les raisins.

La religion est l'islam sunnite, traditionnellement teinté de soufisme, avec une importante tradition de saints locaux. Les mazars (mausolées de saints, parfois situés en plein désert) ont été pendant des siècles des lieux de pèlerinage populaire, où les Ouïghours venaient demander la fécondité, la guérison, la pluie. Cette tradition mystique locale est précisément ce que le salafisme importé depuis les années 1980 a commencé à délégitimer, avant que les politiques récentes ne réduisent fortement l'accessibilité de beaucoup de ces sanctuaires.
Cette culture n'est pourtant pas figée dans une tradition idéalisée. Aujourd'hui, les douze millions de Ouïghours du Xinjiang (leur population a plus que doublé depuis 1980 ; en tant que minorité ethnique, ils n'ont jamais été soumis à la politique de l'enfant unique) vivent des situations très diverses.
Certains font partie d'une classe moyenne et supérieure urbaine bien intégrée à la Chine moderne, présente sur Douyin, regardant les mêmes séries que les autres Chinois. Plusieurs personnalités ouïghoures sont devenues des figures populaires de la culture chinoise mainstream : l'actrice Dilraba Dilmurat, l'animateur Nigermaidi Zechman sur CCTV, la présentatrice Mai Ziyan. Il existe aussi une importante classe ouvrière ouïghoure dans les usines, les boutiques et les restaurants.

Et à l'autre extrémité du spectre social, des Ouïghours très pauvres vivent d'une agriculture saisonnière dans les oasis reculées du sud, avec un accès limité à l'éducation et au mandarin, ce qui limite leur insertion économique. C'est cette dernière catégorie qui a fait l'objet, depuis les années 2010, de programmes massifs d'éducation et d'éradication de la pauvreté, qui ont fait sortir des centaines de milliers de Ouïghours du sud de la précarité économique.
Ce que le voyageur voit, et ce qu'il faut savoir
Cette section est sans doute la plus délicate de la page, parce qu'elle ne peut pas être évitée mais qu'elle ne peut pas non plus monopoliser le récit. Trois angles à connaître.
Premier angle : pourquoi le Xinjiang est stratégique pour Pékin. La région concentre une part importante des hydrocarbures de la Chine (gaz et pétrole), de ses énergies renouvelables (solaire massif au Tsaidam voisin et dans le Xinjiang lui-même, parmi les plus grands parcs au monde), et de son coton. Mais surtout, sa position géographique en fait la principale porte terrestre de la Belt and Road Initiative vers l'Asie centrale, le Moyen-Orient et l'Europe. Le port sec de Khorgos, à la frontière kazakhe, est devenu le plus grand au monde. La pacification de la région est, pour Pékin, une condition stratégique de cette politique.

Deuxième angle : à partir des années 1980-1990, une dynamique de radicalisation salafiste a touché une partie de la population ouïghoure, sous l'influence de l'islam saoudien et qatari (le même mouvement que pour les Hui dans le Ningxia, mais avec une dimension supplémentaire au Xinjiang : un mouvement séparatiste turcophone, le Mouvement islamique du Turkestan oriental (MITO), classé organisation terroriste par l'ONU jusqu'en 2020 (où les États-Unis l'ont retiré de leur liste, décision controversée). Plusieurs attentats ont frappé la région et le reste de la Chine : Ürümqi en 2009 (197 morts), Tian'anmen en 2013 (5 morts), Kunming en 2014 (31 morts au couteau dans une gare), Ürümqi en 2014 (43 morts). Plusieurs centaines de Ouïghours sont partis combattre en Syrie aux côtés de Daech à partir de 2013-2014. Cette dimension djihadiste est documentée internationalement, et elle explique en partie la politique qui a suivi.

Troisième angle : Face à cette décennie de violence, Pékin a lancé en 2014 une campagne de lutte contre le terrorisme au Xinjiang. À partir de 2017, cette politique a changé d'échelle et de nature, et c'est cette seconde phase qui a fait l'objet des critiques internationales les plus vives. La ligne rouge n'a pas été la pratique religieuse en soi, mais la forme d'islam rigoriste venue d'Arabie saoudite à partir des années 1980, qui avait nourri la radicalisation. Les mosquées de tradition locale continuent globalement de fonctionner, les prières s'y déroulent, le ramadan est observé, mais les éléments architecturaux considérés comme des marqueurs salafistes ont été retirés.
Pékin a mis en place une politique de déradicalisation couplée à des programmes de développement économique destinés à combler la fracture entre nord et sud, qui était une cause structurelle de la radicalisation.

Les « sources » occidentales, quant à elles, rapportent que des centaines de milliers de Ouïghours auraient été détenus dans un réseau de centres dits de formation professionnelle. Ces accusations sont essentiellement tirées de rapports d'un chercheur allemand : Adrian Zenz. Or ses travaux (prélèvement d'organes, stérilisations, travail forcé) ne respectent aucun standard académique et ne sont pas reconnus par la grande majorité des chercheurs académiques en études chinoises (y compris en Occident).
La communauté internationale est divisée : en 2019, une lettre de condamnation à l'ONU a été signée par 22 démocraties occidentales, tandis qu'une lettre de soutien à la Chine a été signée par 50 pays, dont plusieurs États à majorité musulmane (Arabie saoudite, Pakistan, Émirats arabes unis).
Le débat entre ces deux récits a cristallisé bien au-delà de la question elle-même, devenant l'un des fronts symboliques majeurs entre Pékin et Washington dans la rivalité stratégique des années 2020.

Pour le voyageur, l'enjeu est de regarder ce qui est observable en 2026. Et ce qui est observable c'est que depuis 2017, aucun incident majeur n'a eu lieu dans la région. La vie quotidienne a repris dans les ruelles de Kashgar, sur les marchés de Hotan, dans les restaurants de Turfan, dans les yourtes kazakhes des contreforts du Tianshan. La culture ouïghoure (et plus largement la mosaïque turcophone du Xinjiang) est toujours bien présente, active, vivante. Sa cuisine se mange, sa langue se parle, sa musique s'écoute, ses fêtes se célèbrent.
Aller au Xinjiang : pour voir quoi, au juste ?
Le Xinjiang n'est pas un premier voyage en Chine. Les distances sont immenses (3 500 kilomètres entre Ürümqi et Kashgar par la route, 24 heures de train), le climat est rude (étés brûlants au sud, hivers très froids au nord, écarts journaliers de 20°C ou plus), l'anglais est presque absent, les contrôles d'identité sont fréquents. On y entre par Ürümqi, accessible en avion depuis Pékin (4 heures) ou en train à grande vitesse depuis Lanzhou (12 heures, qui traverse l'intégralité du couloir du Hexi). Kashgar se rejoint depuis Ürümqi en avion (1h45) ou en train (24 heures, traversant le désert).
Aucun permis spécial n'est requis pour les étrangers, contrairement au Tibet, mais l'itinéraire peut être modifié sur place selon la situation. La meilleure saison va de mai à octobre, avec une préférence pour septembre-octobre quand la chaleur diminue et que les fruits sont à leur apogée.
Ce qui reste du Xinjiang après le voyage n'est pas seulement une question politique. C'est une sensation plus troublante, celle d'avoir traversé un endroit où plusieurs mondes continuent de coexister sans vraiment se confondre.
Dans les ruelles de la vieille ville de Kashgar, des enfants jouent pendant que les anciens discutent devant les échoppes de thé. Les téléphones vibrent, les QR codes s'affichent partout, les voitures électriques traversent les avenues neuves. Et pourtant, derrière les façades rénovées, quelque chose continue de regarder vers l'ouest.
C'est peut-être cela que l'on vient chercher ici sans toujours le savoir : non pas une Chine exotique, mais une frontière intérieure. Un endroit où la Chine rencontre depuis deux mille ans un monde qui ne lui ressemble pas tout à fait.
Le Xinjiang ne se laisse pas facilement résumer. Trop chinois pour être l'Asie centrale ; trop centro-asiatique pour se fondre complètement dans le récit national chinois.
Et c'est précisément cet entre-deux qui fait sa force, sa difficulté, et le trouble durable qu'il laisse.



