Le Hanfu (汉服) est le vêtement traditionnel des Chinois Han, porté pendant plus de trois millénaires avant de disparaître sous la dynastie Qing. Sa renaissance spectaculaire au 21e siècle en fait bien plus qu'un phénomène de mode : un marqueur identitaire qui interroge la Chine sur elle-même.
En Chine, il m'arrive souvent de croiser des jeunes femmes en tenue traditionnelle. Dans la rue, dans des parcs, devant des temples ou des gratte-ciels. Elles portent ces longues robes à manches flottantes, des ceintures nouées à la taille, des coiffures travaillées ornées d'épingles. Autour d'elles, un photographe professionnel ajuste un angle, vérifie la lumière. L'ensemble dure parfois des heures.
La première fois, j'ai pensé à un tournage de série. Puis j'ai compris que ces jeunes femmes ne jouaient pas un rôle. Elles portaient un Hanfu, le vêtement traditionnel des Chinois Han. Pas un déguisement, pas un caprice ; quelque chose qui ressemble à une affirmation.
J'ai demandé à Haixia ce qu'elle en pensait. Elle a haussé les épaules avec un demi-sourire : C'est joli. Et les gens aiment bien se prendre en photo.
Puis, après une pause : Et c'est aussi une façon de dire qu'on est fier de ce qu'on est.
Ce ce qu'on est
, justement, c'est toute la question. Car derrière la soie et les broderies, derrière la beauté indiscutable de ces tenues, il y a une histoire plus complexe qu'il n'y paraît. Celle d'un vêtement qui a traversé des millénaires, qui a été interdit, oublié, puis ressuscité.
Le vêtement d'un peuple
Le mot Hanfu se décompose simplement : 汉 (hàn), qui désigne les Hans, et 服 (fú), qui signifie vêtement. C'est le vêtement du peuple Han. Pas le vêtement chinois en général ; le vêtement d'une ethnie précise, même si cette ethnie constitue l'écrasante majorité de la population.
Les origines du Hanfu remontent très loin, bien avant la dynastie Han (206 avant JC à 220 après JC) qui lui a donné son nom. On trouve des traces de ce style vestimentaire dès la dynastie Zhou, il y a plus de trois mille ans. Mais c'est sous les Han que le vêtement se codifie et prend la forme qui deviendra sa signature.
Et cette signature est reconnaissable entre toutes. Le Hanfu se compose de trois éléments de base : un vêtement supérieur (衣, yī), une jupe ou un pantalon (裳, cháng), et souvent un pardessus long (袍, páo). Ce qui le distingue immédiatement des vêtements occidentaux, c'est l'absence de boutons. Le Hanfu se ferme par un système de cordons et de liens noués à l'intérieur du vêtement, invisibles de l'extérieur.

Et surtout, il possède un col croisé caractéristique : le pan droit vient se placer sur le pan gauche, formant un Y au niveau de la poitrine. Ce croisement n'est pas anodin ; il distingue le Hanfu de pratiquement toutes les autres tenues traditionnelles d'Asie de l'Est, et il porte une charge symbolique forte, liée au yin et au yang, à l'harmonie entre le ciel et la terre.
Les manches, elles, racontent le statut de celui qui les porte. Larges et longues (parfois jusqu'à un mètre, traînant presque au sol), elles signalent un vêtement de cérémonie, un habit de lettré ou de noble. Courtes et ajustées, elles indiquent un vêtement de travail, de vie quotidienne. On peut lire la hiérarchie sociale dans l'envergure d'une manche.

Le Hanfu a traversé les dynasties en se réinventant à chaque fois, et chaque époque l'a habillé à son image. Sous les Tang (618-907), c'est l'explosion. La Chine s'ouvre au monde par la Route de la soie ; des marchands perses, byzantins, turcs arrivent avec leurs tissus, leurs motifs, leurs idées. Le Hanfu Tang absorbe tout. Les couleurs éclatent, les tailles remontent sous la poitrine, les décolletés apparaissent. C'est le Hanfu le plus libre, le plus sensuel, le plus cosmopolite. Une femme en robe Tang ne baisse pas les yeux ; elle prend de la place.
Sous les Song (960-1279), l'austérité confucéenne reprend le dessus. Les manches se resserrent, les couleurs s'assagissent, les tissus se font plus sobres. On sent un recentrage, une forme de pudeur retrouvée. Sous les Ming (1368-1644), le col montant apparaît, la fameuse « jupe tête de cheval » (马面裙, mǎmiànqún) se popularise. C'est un Hanfu plus structuré, plus affirmé, celui qu'on retrouve le plus souvent dans les séries historiques aujourd'hui.

Un style particulier mérite qu'on s'y arrête : le Shenyi (深衣, shēnyī), une robe d'une seule pièce qui recouvre tout le corps. Apparu sous les Zhou occidentaux, porté par les lettrés et les fonctionnaires sous les Han, le Shenyi est considéré par beaucoup comme l'incarnation la plus pure du Hanfu. Sa coupe est chargée de symbolisme : la partie supérieure est composée de quatre pièces de tissu (les quatre saisons), la partie inférieure de douze (les douze mois). Porter un Shenyi, c'était littéralement porter le calendrier sur soi, s'inscrire dans l'ordre du monde.

Ce qui frappe quand on voit quelqu'un enfiler un Hanfu pour la première fois, c'est la lenteur que le vêtement impose. On ne passe pas un Hanfu comme on enfile un jean. Il faut croiser les pans dans le bon sens, ajuster les cordons intérieurs sans les serrer trop, placer la ceinture à la bonne hauteur, vérifier que les manches tombent bien. Le vêtement oblige à ralentir, à prêter attention à son propre corps. Et une fois porté, il change la démarche : les manches larges interdisent les gestes brusques, le tissu fluide accompagne le mouvement au lieu de le contraindre. Le Hanfu ne s'impose pas au corps ; il négocie avec lui.
À travers toutes ces variations, quelques constantes demeurent : le col croisé, les liens invisibles, les manches qui dépassent la longueur des bras, la fluidité du tissu. Et surtout, la soie. Matériau de prédilection du Hanfu, la soie n'était pas seulement un choix esthétique ; elle était un marqueur social. Les couleurs elles-mêmes obéissaient à un code strict : le jaune était réservé à l'empereur, le rouge signifiait la joie et la fortune, le noir évoquait le ciel. Les motifs brodés (dragons, phénix, pivoines, nuages) portaient chacun un message. Un Hanfu ne se portait pas au hasard ; il se lisait.
Mais toute cette richesse allait bientôt se heurter à un mur.
Le vêtement interdit
En 1644, les Mandchous venus du nord-est renversent la dynastie Ming et fondent la dynastie Qing. C'est le début de près de trois siècles de domination par une minorité ethnique sur la majorité Han. Et les Mandchous ont une obsession : marquer leur pouvoir jusque dans l'apparence de leurs sujets.
L'une de leurs premières mesures est l'ordre de la tresse (剃发令, tìfà lìng). Tous les hommes Han doivent se raser l'avant du crâne et porter une longue natte dans le dos, à la manière mandchoue. Le refus est puni de mort. La formule est brutale : Gardez vos cheveux et perdez votre tête, ou gardez votre tête et perdez vos cheveux.
L'obligation vestimentaire suit : les hommes doivent abandonner le Hanfu au profit du Changpao mandchou. Le vêtement, comme la coiffure, devient un instrument de soumission politique.

Pour les femmes, la situation est différente. Les femmes Han n'ont jamais été formellement contraintes de porter le Qipao mandchou ; elles ont largement continué à porter leurs vêtements traditionnels. Le pouvoir mandchou s'exerçait avant tout sur le corps des hommes, symbole de la soumission politique. Mais la pression culturelle existe quand même, et progressivement, sur trois siècles, les styles se mélangent, les frontières se brouillent. Le Hanfu ne disparaît pas d'un coup ; il s'érode.
Quand les Qing tombent en 1912, le Hanfu est déjà affaibli. La nouvelle République de Chine, tournée vers la modernisation et l'Occident, n'a pas envie de restaurer un vestiaire ancien.
Les costumes occidentaux, les robes à l'européenne, le Qipao modernisé de Shanghai prennent le relais. Le Hanfu devient une curiosité historique.
Puis vient Mao. Après 1949, l'uniformité est de rigueur : tout le monde porte la même veste et le même pantalon en coton bleu ou gris. L'élégance individuelle est suspecte, la tradition est dangereuse. Pendant la Révolution culturelle (1966-1976), tout ce qui rappelle la « vieille culture » est activement détruit. Le Hanfu, comme tant d'autres éléments du patrimoine chinois, entre en hibernation forcée.
Comment un vêtement porté par des centaines de millions de personnes pendant plus de trois mille ans peut-il disparaître en quelques décennies ? La réponse tient en un mot : la rupture. Quand un pays change de régime, de valeurs, d'orientation culturelle plusieurs fois en un siècle, la transmission se brise. Les grands-parents qui savaient nouer un Hanfu ne l'ont pas appris à leurs petits-enfants. Le savoir-faire des artisans s'est perdu. Et surtout, le vêtement a perdu sa fonction sociale : dans la Chine de Mao, il n'y avait plus de place pour ce qu'il représentait.
Il faudra attendre le début du 21e siècle pour qu'un jeune homme décide de changer ça.

Le vêtement ressuscité
Le 22 novembre 2003, un certain Wang Letian sort dans les rues de Zhengzhou, dans la province du Henan, vêtu d'un Hanfu. Le geste peut sembler anodin ; il ne l'est pas du tout. C'est probablement la première fois depuis des décennies qu'un Chinois porte un Hanfu en public, non pas pour un spectacle ou un tournage, mais comme un acte délibéré. Wang Letian ne joue pas un personnage ; il dit quelque chose. La photo circule sur les forums internet. Les réactions oscillent entre la curiosité, le soutien enthousiaste et la moquerie. Mais la graine est plantée.
Ce qui suit est une accélération que personne n'avait anticipée.
Les forums en ligne deviennent des lieux d'échange où des passionnés partagent des recherches historiques, des patrons de couture, des conseils de tissus. Des communautés se forment. Puis arrivent les séries historiques chinoises, les « dramas de costumes » qui font exploser les audiences. Des millions de spectateurs découvrent des personnages vêtus de Hanfu somptueux, et l'envie de porter ces robes passe de l'écran à la rue.

Les réseaux sociaux chinois (Douyin, Xiaohongshu) amplifient le phénomène de manière exponentielle. Le Hanfu devient photogénique, partageable, désirable. Une industrie se structure : couturiers spécialisés, boutiques de location, studios photo, maquilleurs, coiffeurs. Le marché du Hanfu dépasse les deux milliards d'euros en 2023, avec une croissance de plus de 40% par an sur la période précédente. Près de 80% des acheteurs ont moins de 30 ans. Et le phénomène est massivement féminin : environ 70% de la clientèle est composée de femmes.

J'ai raconté dans un autre article ce que l'on voit concrètement en Chine quand on se retrouve au milieu de ce phénomène. Devant la Cité Interdite, au Palais d'Été, dans les hutongs de Pékin ou devant les gratte-ciels de Chongqing, ces silhouettes en soie sont partout. Ce n'est pas du cosplay ; le cosplay repose sur la fiction, on incarne un personnage précis. Dans le mouvement Hanfu, on ne disparaît pas derrière un rôle ; on se magnifie en empruntant les codes d'une époque. On ne devient pas un héros de série : on épouse une lignée.

Ce mouvement porte un nom plus large : le Guochao (国潮), la « vague nationale », un mouvement de réappropriation de la culture traditionnelle par la jeune génération. Le Hanfu en est l'expression la plus visible, mais le Guochao irrigue aussi la musique, le design, le marketing, la cosmétique. C'est un phénomène de fierté culturelle, porté par une génération qui ne voit plus de contradiction entre modernité et tradition.
Mais derrière l'enthousiasme et la beauté des images, des questions se posent. Et elles ne sont pas simples.
Le vêtement qui interroge
Le Hanfu est le vêtement des Hans. Le mot le dit. Et les Hans représentent plus de 90% de la population chinoise. Quand des millions de jeunes Chinois portent un Hanfu, ils célèbrent donc le vêtement de l'immense majorité. Mais la Chine compte officiellement 56 ethnies. Les 55 autres (Mandchous, Mongols, Tibétains, Ouïghours, Miao, Yi, Zhuang, et tant d'autres) ont chacune leurs propres traditions vestimentaires, leurs propres tissus, leurs propres symboles.
La question se pose alors naturellement : quand le Hanfu devient « le » vêtement traditionnel chinois dans l'imaginaire collectif, que deviennent les autres ?
Le mouvement Hanfu n'est pas hostile aux minorités, il ne cherche pas à les effacer. Mais par simple effet de masse et de visibilité médiatique, il occupe tout l'espace. Sur Douyin ou Xiaohongshu, le Hanfu est omniprésent. Les tenues tibétaines, miao ou yi apparaissent surtout dans des contextes « exotiques » (voyages dans des provinces lointaines, festivals locaux). Le Hanfu est dans la rue à Pékin ; les autres sont « là-bas ». Cette asymétrie n'est pas une politique délibérée ; c'est une conséquence du poids démographique et culturel des Hans.

Et puis il y a une question plus profonde, plus délicate : qu'est-ce que « être Han » veut dire, exactement ?
Haixia vient de Shenyang, le cœur historique de la Mandchourie. C'est la ville où les Mandchous ont fondé leur première capitale avant de conquérir la Chine. Et pourtant, Haixia est Han. Sa famille est Han. Elle ne se considère pas mandchoue. Et c'est le cas de l'écrasante majorité des habitants de Shenyang aujourd'hui, dans une terre qui était mandchoue il y a trois siècles.
Ce qui s'est passé entre-temps, c'est ce qu'on pourrait appeler une sinisation par le bas.
Pas une politique d'effacement forcé, mais un processus de longue durée, fait de mariages mixtes, de langue partagée, de culture commune qui finit par dissoudre les frontières ethniques. Les Mandchous qui ont conquis la Chine ont fini par être absorbés par la civilisation qu'ils dominaient. Trois siècles après, c'est leur langue qui a presque disparu, pas celle des Hans.
Ce mécanisme n'est pas propre aux Mandchous. La civilisation chinoise a toujours fonctionné par absorption. On pourrait faire la comparaison avec le bouddhisme : né en Inde, arrivé en Chine il y a près de deux mille ans, il a été si profondément transformé par la pensée chinoise qu'il est devenu partie intégrante du paysage culturel. De la même manière, des populations entières ont été progressivement intégrées dans l'ensemble Han, non pas par la contrainte mais par la gravitation culturelle d'une civilisation massive, ancienne et omniprésente.
Il y a quelque chose de fascinant dans cette force d'absorption. Mais elle a aussi un revers. Ce qui est absorbé finit par perdre son nom d'origine. Les descendants de Mandchous qui se déclarent Han aujourd'hui ne renient pas leurs ancêtres ; mais leurs ancêtres, eux, se seraient définis autrement.

Et le Hanfu lui-même est un bon exemple de ce paradoxe. Il est présenté aujourd'hui comme le vêtement « authentiquement chinois », le plus pur, le plus ancien. Mais son histoire montre le contraire : il a constamment absorbé des influences étrangères. Les robes flamboyantes des Tang intègrent des éléments perses et byzantins arrivés par la Route de la soie. La domination mongole sous les Yuan a laissé des traces dans les coupes et les cols. Le Hanfu « pur » est un mythe ; c'est un vêtement métissé depuis toujours. Ce n'est pas un reproche ; c'est une clé de lecture. Ce qui fait la force du Hanfu, c'est précisément sa capacité à intégrer sans se perdre.
Le Hanfu, lui, bénéficie d'un avantage structurel que les vêtements des minorités n'ont pas : il est porté par des millions de jeunes urbains connectés.
Il circule sur les réseaux sociaux, il alimente une industrie. Il vit. Les costumes des minorités, eux, risquent de ne survivre que comme spectacle. Est-ce parfait ? Non. Peut-on faire mieux ? C'est la grande question, et elle n'a pas de réponse simple.
Ceux qui portent le hanfu ne pensent pas en termes d'exclusion ethnique. Mais ils participent, malgré eux, à un récit dominant. Quand le Hanfu devient le symbole de « la » culture chinoise sur les réseaux sociaux, dans les séries, dans l'industrie touristique, il ne laisse plus beaucoup de place aux autres récits. Pas par intention ; par gravité. Le poids de 90% d'une population, amplifié par l'algorithme et le marché, finit par occuper tout le champ de vision.
Le mouvement Hanfu est sincère, il est beau, il est culturellement riche. Mais il est aussi, qu'il le veuille ou non, l'expression vestimentaire d'une majorité qui se raconte à elle-même. Et dans un pays de 56 ethnies, c'est une question qu'on ne peut pas ignorer.

D'ailleurs, le mouvement Hanfu n'est pas lui-même un bloc uniforme. Il est traversé par des tensions internes. Les puristes veulent une fidélité historique stricte : tissus d'époque, coupes documentées, correspondance dynastique exacte. Pour eux, un Hanfu doit pouvoir être daté ; porter un col Ming avec des manches Tang, c'est un contresens. En face, une majorité plus souple porte des versions librement inspirées, souvent influencées par les séries télévisées historiques (dont les costumes sont rarement fidèles). Ces Hanfu « fantaisie » sont plus accessibles, plus photogéniques, plus commerciaux.
Le débat est vif sur les forums : qu'est-ce qu'un « vrai » Hanfu ? La question est presque amusante, quand on sait que le Hanfu historique n'a lui-même jamais cessé de se transformer et d'emprunter. Mais elle révèle un besoin profond de fixer quelque chose, de poser un ancrage dans un monde qui bouge trop vite.
Le vêtement qui continue
Malgré ces questions (ou peut-être à cause d'elles), le Hanfu continue de se réinventer. Des créateurs en Chine, à Taïwan, en Asie du Sud-Est, proposent des versions contemporaines qui gardent les éléments essentiels (le col croisé, les liens, la fluidité du tissu) tout en repensant les coupes, les matériaux, les usages. On voit des Hanfu portés avec des baskets, associés à des accessoires modernes, déclinés en versions légères pour l'été ou chaudes pour l'hiver. Le vêtement refuse de rester figé dans une époque.
Et il y a quelque chose d'émouvant dans ce retour. Un pays qui a traversé le siècle d'humiliation, l'effondrement de l'empire, les guerres, le maoïsme, la Révolution culturelle, et qui choisit de revenir à un vêtement vieux de trois mille ans pour dire qui il est. Le geste n'est pas nostalgique ; il est prospectif. Ces jeunes femmes qui posent en Hanfu devant les gratte-ciels de Shenzhen ne regrettent pas le passé. Elles disent que leur avenir a des racines.
Je repense parfois à ce que m'a dit Haixia ce jour-là. C'est joli. Et les gens aiment bien se prendre en photo.
C'est vrai. Mais je crois qu'il se passe quelque chose de plus, quelque chose que même ceux qui le vivent n'ont pas forcément besoin de formuler. Quand un pays entier décide de se rhabiller avec les vêtements de ses ancêtres, ce n'est jamais seulement une question de mode. C'est une question d'identité.
Et cette identité, aujourd’hui, semble se raconter au singulier. Peut-être parce que c’est plus simple. Peut-être parce que c’est plus visible.
Reste à savoir si le Hanfu continuera à faire ce qu’il a toujours fait : absorber, intégrer, se transformer. Ou s’il finira, sans que personne ne l’ait vraiment décidé, par dessiner les contours d’un récit plus étroit que l’histoire dont il est issu.



