Je devais avoir 18 ou 19 ans quand j'ai vu Le Dernier Empereur de Bertolucci pour la première fois. Je me souviens de cette sensation étrange en sortant du film ; quelque chose qui ressemblait à un vertige. L'histoire de cet enfant arraché à sa mère, placé sur un trône qu'il n'avait pas demandé, enfermé dans un palais dont il ne pouvait pas sortir, puis jeté dans un monde qu'il ne connaissait pas.
À l'époque, la Chine était pour moi un décor de cinéma. Je n'imaginais pas qu'un jour je me marierais avec une Chinoise, que je vivrais entre deux cultures, que mes enfants porteraient en eux cette double histoire.
Mais ce film avait planté une graine. Celle d'une curiosité pour un pays dont on croit tout savoir, et dont on ne comprend presque rien.
Des années plus tard, en visitant la Cité Interdite avec ma femme et nos enfants, j'ai repensé à Puyi. Pas au personnage du film ; à l'homme. Celui dont la vie entière raconte, mieux que n'importe quel manuel, la violence des transitions politiques chinoises au 20e siècle.
Et surtout, celui qui pose une question que l'on évite souvent quand on parle d'histoire : avait-il le choix ?
Un enfant sur un trône vide
L'histoire de Puyi commence par un enlèvement. Nous sommes en 1908. L'impératrice douairière Cixi, la femme la plus puissante de Chine depuis des décennies, sent la mort approcher. L'empereur Guangxu, qu'elle a maintenu sous sa coupe pendant des années, n'a pas d'héritier. Cixi a besoin d'un successeur qu'elle pourra encore contrôler, même depuis l'au-delà. Son choix se porte sur le petit Puyi, neveu de l'empereur, âgé de deux ans et dix mois.

L'enfant est arraché à ses parents. Le lendemain, Guangxu meurt (empoisonné à l'arsenic, confirmera la science des décennies plus tard). Le surlendemain, Cixi elle-même s'éteint.
En trois jours, deux décès et un couronnement. La dynastie Qing joue ses dernières cartes avec un bébé.
Le 2 décembre 1908, Puyi est officiellement intronisé empereur Xuantong. La cérémonie est interminable. L'enfant pleure du début à la fin. Son père, le prince Chun, essaie de le calmer en murmurant : C'est bientôt fini, c'est bientôt fini.
Plus tard, les chroniqueurs de la cour noteront que ces mots furent considérés comme un mauvais présage pour la dynastie.
Ils avaient raison.
Le luxe comme prison
Ce qui rend l'histoire de Puyi si singulière, ce n'est pas qu'il ait été empereur. C'est la nature même de son règne : un pouvoir total sur le papier, une impuissance absolue dans les faits.
En Occident, on se représente l'empereur de Chine comme un despote absolu, un souverain tout-puissant qui règne par la terreur ou le caprice. La réalité de Puyi raconte l'exact inverse. L'empereur, dans le système chinois, est un rouage. Le plus important, certes, mais un rouage tout de même. C'est Cixi qui choisit Puyi, Puyi n'a rien demandé. C'est le protocole qui dicte chaque minute de sa journée. Ce sont les régents, les eunuques, les nobles qui tiennent les vrais leviers.
Le « Fils du Ciel » est paradoxalement le moins libre de tous les Chinois.
Dans la Cité Interdite, le petit Puyi vivait entouré d'une armée de serviteurs et d'eunuques. Chacun de ses gestes était ritualisé. Chacun de ses désirs était exaucé avant même qu'il les formule. Les serviteurs se prosternaient sur son passage, obéissaient à ses moindres caprices. Un enfant de quatre ans qui ordonne, et des adultes qui s'exécutent ; voilà ce qui forge le caractère d'un futur empereur. Sauf que cet empereur n'a jamais eu à prendre une vraie décision. Un régent gouvernait à sa place. Le trône n'était qu'un fauteuil.

Un détail raconte tout : adolescent, Puyi voulait faire du vélo dans le palais. Un désir banal pour n'importe quel garçon de son âge. Mais les seuils de porte de la Cité Interdite, ces hautes traverses de bois conçues pour bloquer les mauvais esprits, l'en empêchaient. Alors il les a fait scier. L'héritier de deux mille ans de civilisation impériale, modifiant un palais millénaire pour pouvoir pédaler. C'est absurde, c'est touchant, et c'est toute la condition de Puyi en une image : un adolescent qui veut juste vivre, coincé dans un monument.

Et pendant ce temps, à l'extérieur des murs rouges, la Chine tremblait.
En 1911, la révolution éclate. Le peuple chinois se soulève contre la dynastie Qing. La République est proclamée. Puyi a cinq ans. On le force à abdiquer en 1912. Mais voici l'étrangeté de cette transition : le gouvernement républicain autorise Puyi à conserver son titre et à rester dans la Cité Interdite. Un accord de « bienveillance », disait-on, qui lui garantissait une rente annuelle et le maintien de ses privilèges.
Résultat : à l'intérieur du palais, rien ne change. Le protocole impérial continue de fonctionner comme si de rien n'était. Les eunuques s'inclinent toujours. Les repas comptent toujours des dizaines de plats. Puyi reste « l'Empereur » pour tout son entourage ; il ne se rend même pas compte qu'une révolution a balayé son empire.
Cette situation est fascinante parce qu'elle illustre quelque chose que l'on retrouve souvent dans l'histoire chinoise : la capacité à maintenir une façade, à faire coexister deux réalités contradictoires. Dehors, la République. Dedans, l'Empire. Dehors, le changement. Dedans, l'immobilité.
L'adolescent qui voulait fuir
En grandissant, Puyi prend conscience de sa situation. C'est un garçon curieux, influencé par son précepteur britannique, Reginald Fleming Johnston, qui lui enseigne l'anglais, les mathématiques, la géographie. Johnston lui ouvre une fenêtre sur le monde extérieur ; un monde dont les murs de la Cité Interdite le séparent physiquement.
Puyi veut partir. Il rêve d'étudier à l'étranger, peut-être en Angleterre. Mais les nobles conservateurs qui l'entourent refusent.
Partir, ce serait admettre que l'Empire est mort. Ce serait renoncer à l'espoir (illusoire) d'une restauration.

Avec son frère Pujie, il élabore un plan d'évasion. Les deux frères commencent par faire sortir clandestinement des trésors de la Cité Interdite (tableaux, objets précieux) pour les entreposer ailleurs, en prévision de leur fuite. Mais ils sont découverts. Le plan échoue.
Deux événements de cette période éclairent la solitude de Puyi. Le premier : sous l'influence de Johnston, il coupe sa tresse, ce symbole mandchou par excellence, et encourage d'autres nobles à faire de même. Un geste qui peut sembler anodin, mais qui marque symboliquement la fin de l'ancienne Chine.
Le second est plus intime. À quinze ans, sa mère biologique se suicide. Puyi, qui a été séparé d'elle à l'âge de deux ans, réalise alors que son titre, ses privilèges, tout ce décorum ne lui ont même pas permis de protéger celle qui l'avait mis au monde.

À seize ans, on le marie selon le protocole impérial. Il épouse simultanément une reine (Wan Rong) et une concubine (Wen Xiu). Il n'a pas choisi. Il n'a jamais choisi.
En 1924, un seigneur de guerre, Feng Yuxiang, met fin à cette comédie. Il expulse Puyi de la Cité Interdite. L'empereur fantôme quitte un palais dont il n'était pas sorti depuis quinze ans. Il part si précipitamment qu'il laisse derrière lui des repas inachevés.
Les Japonais : protecteurs ou geôliers ?
C'est ici que l'histoire de Puyi devient vraiment complexe. Et c'est ici que les lectures simplistes (collaborateur, traître, marionnette) atteignent leurs limites.
Expulsé de la Cité Interdite, Puyi se retrouve à la rue (au sens politique du terme). Il tente d'obtenir un visa pour l'Angleterre. Les Britanniques refusent, pour ne pas froisser la Chine. Puyi se tourne alors vers le Japon, qui l'accueille dans la concession japonaise de Tianjin en 1925.
Pour comprendre ce qui se passe ensuite, il faut se placer dans la tête de Puyi.
C'est un jeune homme de vingt ans, élevé depuis la naissance dans l'idée qu'il est l'héritier légitime de la Chine. Autour de lui, des courtisans mandchous lui répètent que la restauration est possible. Et voici que le Japon, une puissance militaire majeure, lui tend la main. Pas par générosité, bien sûr. Les Japonais convoitent les richesses de la Mandchourie (fer, charbon), la terre ancestrale des Mandchous, le peuple de Puyi. Et Puyi représente pour eux un outil de légitimation parfait.

En 1931, le Japon envahit la Mandchourie. En 1932, il crée le Mandchoukouo, un État prétendument indépendant, et installe Puyi à sa tête : d'abord comme « régent », puis comme « empereur » sous le nom de Kangde.
Sur le papier, Puyi est de nouveau empereur. Dans les faits, la situation est encore pire qu'à la Cité Interdite. Tous les postes ministériels sont attribués à des Mandchous, mais chaque ministre a un « conseiller » japonais à ses côtés qui détient le pouvoir réel. Le commandant en chef de l'armée japonaise du Guandong cumule la fonction d'ambassadeur avec des pouvoirs extraordinaires. Les courriers de Puyi sont lus par les Japonais. Les visites sont contrôlées. Ses déplacements sont surveillés.
Puyi vivait dans un palais, certes. Mais un palais dont il ne pouvait pas sortir sans escorte japonaise. Une cage dorée, une de plus.
Le piège se referme
Ce qui est souvent oublié dans les récits sur cette période, c'est que Puyi a tenté de résister, à sa manière.
Sous l'influence de sa concubine Tan Yuling, une jeune femme d'origine mandchoue qui ne cachait pas son aversion pour les Japonais, Puyi commence à s'affirmer. Il refuse certaines directives. Il traîne des pieds.
La réponse japonaise est méthodique. Pour resserrer les liens, ils organisent en 1938 le mariage du frère de Puyi, Pujie, avec une princesse japonaise parente de l'empereur Hirohito. Le calcul est simple : si Puyi meurt sans héritier, Pujie héritera du titre. Et un enfant mâle issu de ce mariage (donc de sang mêlé) ferait un empereur idéal pour le Mandchoukouo. Pujie et Hiro Saga auront un enfant, mais c'est une fille.
L'officier japonais Yoshioka, attaché à la cour de Puyi, insiste pour que l'empereur prenne une épouse japonaise. Puyi refuse. Il a Tan Yuling.
En 1942, Tan Yuling meurt à vingt-deux ans, officiellement de la fièvre typhoïde. Elle était soignée par un médecin japonais. Elle est décédée moins d'un jour après une injection. Puyi gardera toujours un doute sur les circonstances de cette mort. Il conservera une photo de Tan Yuling sur lui jusqu'à la fin de sa vie.

Après la mort de Tan Yuling, les Japonais redoublent de pression pour que Puyi prenne une épouse japonaise. Il refuse encore. Ils finissent par lui imposer en 1940 une forme de soumission symbolique : il est « adopté » par Hirohito, devenant le « demi petit frère » de l'empereur du Japon. On lui intime l'ordre d'adopter le shintoïsme et de vénérer la déesse Amaterasu.
Alors, Puyi avait-il le choix ? La réponse n'est pas simple.
Il avait le choix de refuser le Mandchoukouo, bien sûr. Mais pour aller où ? Vers la Chine républicaine qui l'avait chassé ? Vers l'Angleterre qui lui avait refusé un visa ? Vers une vie d'exilé sans ressources et sans titre ?
Puyi était prisonnier de son histoire, de son éducation, de sa croyance (sincère ou entretenue) en la légitimité de sa dynastie. Les Japonais ne lui offraient pas un trône ; ils lui offraient un miroir dans lequel il pouvait encore se voir en empereur. Et ce miroir, il n'a pas su le briser.
Son propre frère Puren le décrira plus tard comme quelqu'un d'extrêmement naïf, qui avait tendance à croire n'importe qui, avec un important manque de clairvoyance. C'est sans doute vrai. Mais la naïveté de Puyi avait été soigneusement cultivée par des décennies d'isolement dans des palais.
D'empereur à jardinier
Le 15 août 1945, le Japon capitule. Puyi tente de fuir vers le Japon. À l'aéroport de Shenyang, alors qu'il attend son avion, il est arrêté par l'Armée rouge soviétique. Il a 39 ans.
Commence alors un nouveau chapitre d'emprisonnement. D'abord en Sibérie (Tchita, puis Khabarovsk), en résidence surveillée. En 1946, il est appelé à témoigner pendant sept jours devant le Tribunal militaire international de Tokyo. Puyi y révèle certains crimes commis par les Japonais, tout en préservant sa propre position. Le funambule.

Il demande à Staline l'autorisation de rester en URSS. Pas de réponse. En 1950, les Soviétiques le remettent au nouveau gouvernement communiste chinois. Le train arrive dans une gare chinoise. Puyi descend, reconnu immédiatement par les autres voyageurs. Il se glisse dans les toilettes et tente de se suicider en se taillant les veines. L'ancien Fils du Ciel qui essaie de mourir dans les toilettes d'une gare ; c'est peut-être le moment le plus révélateur de toute son histoire. Un homme qui préfère la mort à ce qui l'attend, parce qu'il sait que cette fois, il n'y aura pas de palais, pas de titre, pas de façade derrière laquelle se réfugier.
Il survit. Et il va devoir affronter ce qu'il a toujours évité : la réalité.
On le déclare criminel de guerre. La lecture officielle chinoise de l'époque est sans nuance : Puyi est un traître, il a collaboré avec l'ennemi japonais, il a trahi son peuple. Vue de loin, cette lecture se comprend. Mais quand on regarde les faits de plus près, elle se fissure. Peut-on trahir un pays auquel on n'a jamais appartenu en tant que citoyen libre ? Puyi a été enlevé à deux ans, enfermé toute son enfance, expulsé à 18 ans, refusé par l'Angleterre. La seule porte qui s'est ouverte, c'était celle du Japon. Ce n'est pas une excuse ; c'est un constat.

Il est envoyé au Centre de rééducation de Fushun, où il passera dix ans. Dix ans pendant lesquels l'ancien « Fils du Ciel » apprend à faire son lit, à nettoyer ses vêtements, à lacer ses propres chaussures (il ne l'avait jamais fait), à vivre sans qu'une armée de serviteurs anticipe ses moindres besoins. On le soumet à des séances d'autocritique. On lui demande d'écrire sa confession. Il s'exécute.
Vu d'Europe, la rééducation est un concept qui fait froid dans le dos. Mais dans le cas précis de Puyi, quelque chose de plus inattendu semble s'être produit. Pour la première fois de sa vie, Puyi fait l'expérience de la normalité. Il mange ce que mangent les autres. Il dort dans un lit ordinaire. Il est traité comme tout le monde. Pour quelqu'un qui n'avait connu que des prisons dorées, apprendre les gestes du quotidien ressemblait moins à une punition qu'à un apprentissage tardif de la vie réelle. C'est contre-intuitif. C'est pourtant ce que ses propres mémoires suggèrent.

En 1959, Mao décrète son amnistie. Puyi est libéré. Il obtient un emploi d'assistant jardinier au Jardin botanique de Pékin. L'image est presque trop symbolique pour être vraie : l'homme qui avait régné sur la Cité Interdite (sans y régner vraiment) taille désormais des rosiers.
Il se remarie en 1962 avec Li Shuxian, une femme ordinaire. Il publie ses mémoires (La première moitié de ma vie). Il devient, ironiquement, membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois.
Puis vient la Révolution culturelle, en 1966. Les Gardes rouges ciblent immédiatement Puyi. Le symbole ultime de la « vieille Chine ». Il perd ses maigres privilèges, il est placé en détention. Sa santé décline.
Le 17 octobre 1967, Puyi meurt d'un cancer du rein, à 61 ans. Sa vie s'achève dans la ville où elle avait commencé, six décennies et trois régimes politiques plus tôt.

Ce que Puyi raconte de la Chine
L'histoire de Puyi n'est pas celle d'un grand homme. C'est celle d'un homme qui n'a jamais été libre, et qui ne l'a peut-être pas su avant la fin.
Pas libre dans la Cité Interdite, où il était prisonnier du protocole et de son propre titre. Pas libre au Mandchoukouo, où il servait de vitrine à une puissance occupante. Pas libre en prison, évidemment. Pas vraiment libre après sa libération non plus, puisque la Révolution culturelle finira par le rattraper.
Et pourtant. Le moment où Puyi semble le plus proche d'une forme de liberté, c'est précisément quand il n'est plus rien.
Jardinier. Un homme sans titre, sans cour, sans eunuques, sans miroir déformant pour lui renvoyer l'image d'un empereur. Il y a là quelque chose qui résonne avec une intuition très ancienne dans la culture chinoise, celle du taoïsme : l'idée que le lâcher-prise (même involontaire) peut mener à une forme d'authenticité. L'homme qui perd tout et qui, précisément parce qu'il n'a plus rien à défendre, se retrouve enfin face à lui-même.
Mais au-delà du destin individuel, la trajectoire de Puyi raconte quelque chose de plus profond sur la Chine. Pendant plus de deux mille ans, l'Empire a structuré ce pays, sa culture, sa vision du pouvoir, sa façon de penser le monde. Et en quelques mois, entre 1911 et 1912, tout cela s'effondre. Pas pour être remplacé par un autre système stable ; par des décennies de chaos, de guerres, de tâtonnements. Puyi est l'homme de cette fracture. Tout ce qui lui arrive ensuite (l'instrumentalisation par les Japonais, la rééducation communiste, la vie de jardinier) découle de ce premier séisme. Il est le dernier produit d'un monde qui n'existe plus, condamné à traverser un siècle qui n'a plus besoin de lui.
En Occident, on aurait tendance à chercher dans cette histoire un héros ou un coupable. La grille de lecture chinoise est différente. Puyi est surtout un homme balloté par les forces de l'Histoire, ces courants auxquels un individu, fût-il empereur, ne peut pas résister. Ce n'est ni une excuse ni une condamnation. C'est une clé de lecture.
Et c'est peut-être pour ça que ce film m'avait tant marqué, sans que je sache le formuler à l'époque. Pas parce que l'histoire de Puyi est spectaculaire (elle l'est). Mais parce qu'elle pose, sans jamais y répondre, la question la plus vertigineuse qui soit : quand on n'a jamais eu le choix, peut-on être tenu responsable de sa vie ?

Peut-être que la Chine moderne porte encore cette tension. Entre le poids de l’Histoire et la volonté de choisir sa propre trajectoire. Entre le courant qui emporte et l’effort discret pour tenir debout.
Quand je traverse aujourd’hui la Cité Interdite avec mes enfants, je me demande parfois si Puyi a vraiment disparu. Ou s’il n’est pas devenu autre chose : une silhouette silencieuse qui nous rappelle que dans ce pays, le passé ne meurt jamais tout à fait ; il se transforme, il s’adapte, il continue de circuler sous la surface.
Et que comprendre la Chine, ce n’est peut-être pas chercher des coupables ou des héros. C’est accepter qu’elle avance avec ses fantômes.



