Palais, maison, siège du gouvernement à l'époque impériale, la Cité interdite témoigne également de la ténacité des bâtisseurs chinois.
En contemplant les toits de tuiles jaunes vernissées, symbole de la royauté, essayez d'imaginer l'époque où seul l'Empereur (le fils de Dieu) était autorisé à entrer dans ce palais, accompagné de quelques membres de sa famille, de concubines et d'eunuques, utilisés comme domestiques.
Maintenant que ses portes sont ouvertes, que vous n'avez plus besoin d'invitation royale pour y entrer. De magnifiques halls, des ruelles sinueuses et des cours majestueuses vous attendent pour découvrir les mystères de l'un des symboles de Pékin, de l'histoire du pays, et de la culture chinoises. Si vous ne faites qu'une seule chose à part voir la Grande Muraille, ce devrait être cela.
[SOMMAIRE]Le troisième empereur de la dynastie Ming, Yongle, a construit la Cité Interdite de 1406 à 1420, lorsqu'il a déplacé sa capitale de Nanjing à Pékin. Des millions d'ouvriers chinois ont utilisé des matériaux expédiés de toute la Chine pour créer un palais grandiose.

24 empereurs y ont vécu à différentes époques, pendant près de 500 ans, et c'est à ce jour la plus grande structure palatiale ancienne du monde.
En 1644, à la suite d'une prise de pouvoir militaire, la dynastie Qing a pris le contrôle de la Cité interdite. Le palais a changé de mains à plusieurs reprises pendant la deuxième guerre de l'opium et la rébellion des Boxers, avant que les Qing ne le réoccupent finalement.
Puyi, le dernier empereur Qing, a été autorisé à vivre dans la cour intérieure jusqu'à son expulsion en 1924, par le nouveau gouvernement de la République de Chine. Un comité a alors pris en charge le palais et, après avoir organisé plus d'un million de trésors, le comité a ouvert le musée du palais au public le 10 octobre 1925.
La Cité interdite était très liée aux conceptions chinoises du Ciel et de ses dirigeants dotés de pouvoirs divins. Elle a été construite au centre exact de l'ancien Pékin, dans le style de l'architecture chinoise féodale. Rectangle géant, elle s'étend sur 72 hectares et contient 980 bâtiments (la plupart datant de l'époque de la dynastie Qing).
Comme de nombreuses villes chinoises, la position et l'aménagement de la Cité Interdite ont été influencés par le Feng Shui, l'étude du flux d'énergie passant par un lieu donné afin d'en définir les aménagements pour une bonne qualité de vie sur le site.
Les principaux palais, salles et pavillons sont ainsi construits selon un axe nord-sud, appelé axe central, symbolisant l'axe du monde. La symétrie a été une considération majeure dans la planification et la construction.
La Cité interdite se divise en trois parties :

La Cité interdite est le complexe en bois le plus grand et le mieux conservé au monde. En plus de la terre battue et du marbre, le bois était l'un des principaux éléments utilisés, en particulier dans la construction des pavillons. Les charpentiers utilisaient des assemblages à tenon et mortaise pour construire les grands bâtiments du palais sans aucun clou. Les clous étaient considérés comme une forme de violence.
Enfin, la couleur jaune a été également été largement utilisés dans la conception de la Cité Interdite. Le jaune était considéré comme une couleur sacrée (en référence au fleuve Jaune), réservée à la royauté. C'est pourquoi la plupart des toits des pavillons sont peints en jaune.
Bien que les Chinois l'appellent communément Le Musée du Palais (故宫博物院), ne vous laissez pas tromper par le mot « musée », car vous ne vous déplacerez pas de salle en salle pour admirer des trésors conservés dans des boîtes en verre.
La visite du musée du palais ressemble plutôt à une très longue promenade, d'une énorme place à une autre énorme place, entrecoupée de coups d'œil dans différents bâtiments officiels et résidentiels où la cour régnait et vivait.
Cet immense complexe se trouve à l'extrémité nord de la place Tian'anmen, à l'épicentre de Pékin. Au-delà de ses imposantes fortifications, vous trouverez un labyrinthe complexe de places, de halls, de portes, de pavillons, de dortoirs et de temples.
Si dans certaines de ces structures, des œuvres d'art et des reliques historiques ont été placées, la plus grande réussite est le complexe lui-même.
La grandeur même du site évoque le faste de la Chine impériale. Les palais ombragés, patinés par le temps, rappellent que l'ennui de la vie à la cour était soulagé par la contemplation des innombrables trésors que la Cité Interdite renferme (sculptures, calligraphies, livres rares, peintures, etc), et qui invitent à pénétrer plus avant dans un monde d'intrigues et d'histoire.
Chacune des dynasties qui ont régné sur la Chine pendant 4 000 ans possédait ses propres collections d'art royal. Chaque empereur enrichissait la collection dont il avait hérité du souverain précédent, tout en s'efforçant d'accroître et de surpasser le trésor de son prédécesseur.

Le moyen le plus impressionnant d'accéder à l'ancien palais impérial, est de passer par l'imposante Porte du Midi, reliée à la place Tiananmen. Depuis cette porte, vous aurez une vue spectaculaire de la place.
C'est ici que l'empereur annonçait les calendriers annuels des plantations selon le calendrier lunaire ; c'est également là que les fonctionnaires rebels étaient fouettés.
Les principaux bureaux d'informations, de vente de billets (il est nécessaire de réserver à l'avance) et d'audioguides se trouvent juste à l'Ouest de cette porte. Vous devrez présenter votre passeport et passer vos sacs dans un détecteur de métaux avant d'entrer.
Le complexe et les bâtiments de la Cité interdite évoquent un sentiment de puissance. Cette impression commence dès que le visiteur franchit la porte du Midi et s'intensifie au fur et à mesure qu'il traverse les cours ouvertes et massives et les imposants palais le long de l'allée de l'axe central.
Le premier bâtiment qui vous attend, trônant devant une immense place, est le Pavillon de l'Harmonie Suprême. C'est la plus grande salle de la Cité Interdite, et l'une des plus grandes structures en bois de Chine. Elle était utilisée pour les couronnements, les anniversaires royaux et les mariages.

Le pavillon repose sur trois niveaux en pierre avec un système de drainage élaboré comportant 1 000 dragons sculptés. Il s'élève à environ 30 mètres au-dessus du niveau de la place environnante. À l'intérieur, les six piliers les plus proches du trône impérial sont recouverts d'or. Au-dessus, est suspendue une lourde boule de bronze, placée là pour écraser quiconque voudrait usurper le trône.
Les Empereurs accueillaient le public et organisaient des banquets dans le pavillon de l’Harmonie parfaite. Ils y répétaient également leurs discours et leurs présentations avant de se rendre au Temple du Ciel.
Les plus hauts examens de la fonction publique, personnellement dirigés par l'empereur, étaient autrefois administrés dans le Pavillon de l’Harmonie Préservée.
Vous vous approchez maintenant du cœur même du palais. Plusieurs empereurs ont choisi de vivre ici avec leur famille.
Le Pavillon de la Pureté Céleste était la résidence de l'Empereur, avant de devenir une salle d'audience.
Les sceaux impériaux étaient entreposés dans le Pavillon de l'Union ; c'était aussi le lieu de la fête d'anniversaire annuelle de l'impératrice.
Le Pavillon de la Tranquillité Terrestre était la résidence de l'impératrice, et l'endroit où les couples royaux consommaient leur mariage.

De chaque côté de la cour intérieure, se trouvent les Six Pavillons de l'Ouest, et les Six Pavillons de l'Est, les anciens quartiers d'habitation des concubines et des serviteurs. Le dernier bâtiment du côté Ouest, le Pavillon de la Nourriture de l'Esprit, est le plus important d'entre eux. À partir de l'empereur Yongzheng, tous les empereurs de la dynastie Qing se sont occupés des affaires courantes dans cette salle.
Au nord des palais privés de la Cité interdite, au-delà de la Porte de la Tranquillité Terrestre, se trouve certainement la partie la plus agréable de la Cité interdite : les jardins impériaux (Yuhuayuan), parsemés de pierres étranges, d'une végétation luxuriante, d'anciens cyprès et vignes. Plus de 160 arbres y sont répartis.
Le jardin, de 80 mètres de long par 140 mètres de large, a été construit la 18e année de Yongle sous la dynastie Ming (1420), et il conserve toujours le modèle de l'époque. À l'origine, c'était un endroit où les empereurs, les impératrices et les concubines pouvaient se reposer.

Il est indispensable de réserver ses billets à l'avance, car le nombre de visiteurs par jour est limité. Vous ne pouvez pas vous rendre directement au guichet pour une visite le jour même. Les billets sont mis en vente 7 jours avant la date de la visite, mais durant la haute période touristique, ils partent très vite.
Tout se passe via le nouveau site officiel de réservation de billets : https://bookingticket.dpm.org.cn/fr, qui est maintenant en français !
Malheureusement, les billets partent vite, et trop souvent il n'y en a plus de disponibles. La seule solution est de passer par des intermédiaires tels que Viator pour espérer en avoir un. Mais là aussi, ce n'est pas toujours facile d'avoir uniquement le billet, et il vous sera souvent proposé uniquement la visite avec guide. Ce n'est pas une mauvaise option, car les explications sont intéressantes, mais ce n'est pas le même budget non plus.